Les vertus de l’Artemisia – 3

Partie 3 – Cette résistance à commencer à s’étendre de l’Asie du sud-est et elle a atteint l’Afrique à la fin des années 70, début des années 80…

Le colombien German Velasquez était directeur à l’OMS à cette époque et il a constaté que la malaria résistait à la chloroquine et les traitements de substitution sont arrivés bien trop tard.

Début des années 80 la malaria recommence à tuer en masse, cette situation catastrophique va précipiter le retour en grâce de l’artemisia annua.

Le projet 523 des chinois a abouti à l’isolement d’une molécule baptisée « artémisinine » censé être l’unique principe actif de l’artemisia annua.

Au début des années 2000, les médicaments chinois à l’artémisinine commencent à circuler en Afrique. Alexandre Poussin et l’un des premiers occidentaux à avoir testé ces médicaments en 2001. Avec sa femme, Alexandre remonte l’Afrique du sud au nord à pied.

On a bel et bien repris la marche et cette fois-ci au fond du rift. Là nous marchons entre le lac Manyara et le lac Natron.

Alexandre Poussin

Le couple est au Kenya quand Alexandre est pris d’une crise de malaria.

Quand on a eu notre première crise, j’ai voulu tester sur moi ce médicament chinois. Bon c’était un peu culotté mais c’est vraiment vrai. Je l’ai fait et en 24 heures, j’allais mieux et en 48 heures, j’étais guéri. Je n’avais plus de symptômes, je n’étais pas guéri. Ça je l’ai su plus tard, mais cela a fonctionné.

Alexandre Poussin

Ce que Alexandre ignore alors, c’est que le médicament chinois à l’artémisinine est très efficace pour détruire en quelques heures la majorité des parasites de la malaria.

Mais certains échappent au traitement. Il faut de toute urgence le combiné avec une autre molécule qui va éliminer les derniers parasites.

C’est le début des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine. L’OMS va imposer les ACT à tous les pays où sévit la malaria, le marché explose avec pour conséquence une pénurie de la matière première : l’artemisia annua.

Les cultivateurs, principalement asiatiques, ne parviennent pas à suivre. Le prix d’achat de l’artemisia atteint des sommets en 2005.

C’est le moment que choisit une entreprise franco-malgache pour se lancer dans la production d’artemisia annua à grande échelle.

Le « business model » de l’entreprise est simple. Elle prodigue des conseils aux paysans locaux pour qu’ils commencent à cultiver la plante en leur promettant de racheter leur production à un prix fixé d’avance.

10 000 paysans malgaches se laissent séduire par la perspective d’un bon rendement supérieur à celui du riz. En une saison, un cultivateur peut gagner jusqu’à 700 euros cash.

C’est une aubaine dans ce pays où une grande majorité de paysans disposent de moins d’un euro par jour…