Alexandre Lebreton – Un « Schizo » parle d’un viol subi à 6 ans, le « Soignant » qualifie sa parole de Production Délirante

Ce court extrait est explicite : ou comment expédier au néant la parole d’un individu préalablement étiqueté SCHIZOPHRÈNE. Kathleen Sullivan, survivante d’abus rituels (MK) ayant développé un trouble dissociatif de l’identité, écrit dans son autobiographie :

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« J’ai ressenti du désespoir en me remémorant ce que me disait toujours grand-père avant de me laisser seule dans cette pièce : que personne ne me croirait si je parlais, parce que le médecin traitant avait inscrit dans mon dossier que j’étais schizophrène. Grand-père me rappelait très souvent que « personne ne croit les schizophrènes, tout le monde sait qu’ils sont fous. » (Unshackled : a survivor’s story of mind control – Kathleen Sullivan, 2003)

Une victime dissociée par les rituels traumatiques, diagnostiquée par la suite, à tort, comme « schizophrène » verra sa parole rejetée et réduite à néant, car considérée comme du délire psychotique (la belle aubaine pour les agresseurs). Tandis que les troubles dissociatifs dont elle souffre devraient être au contraire un fort indicateur quand à son vécu traumatique et l’importance de son récit.

Au niveau phénoménologique, il existe un chevauchement important entre les symptômes des troubles dissociatifs (particulièrement le T.D.I.) et la schizophrénie.

Un groupe de 236 patients souffrant d’un T.D.I. a montré que 40,8 % d’entre eux avaient reçu auparavant un diagnostic de schizophrénie.
Source : « Multiple personality disorder patients with a prior diagnosis of schizophrenia » – Colin Ross, G. Ron Norton, Journal « Dissociation », Vol.1 N°2, 06/1988

Une étude a montré qu’un groupe de patients diagnostiqués avec une schizophrénie par un psychiatre ou un psychologue, auquel vous faites passer un entretien standardisé lié aux symptômes dissociatifs a montré que 35 à 40 % de ces patients, censés être schizophrènes, en ressortiront avec le diagnostic de trouble dissociatif de l’identité. Inversement, dans un groupe de patients diagnostiqué avec un T.D.I. auquel vous faites passer un entretien lié aux symptômes schizophréniques, les deux tiers ressortiront avec un diagnostic de schizophrénie.
Source : « Dissociative disorder among psychiatric patients » – T.Lipsanen, J.Korkeila, P.Pelolta, J.Järvinen, K.Langen, H.Lauerma, Eur Psychiatry 2004

Dans une étude intitulée « Dissociation and Schizophrenia » parue en 2004 dans le journal « Trauma and Dissociation », le Dr. Colin Ross et le Dr. Benjamin Keyes ont évalué les symptômes dissociatifs dans un groupe de 60 individus traités pour une schizophrénie. Ils ont trouvé que 36 sujets présentaient des caractéristiques dissociatives importantes, soit 60 % de leur échantillon. Ces symptômes dissociatifs étaient accompagnés d’un taux élevé de traumatismes dans l’enfance ainsi que d’importants troubles tels que la dépression, le trouble de la personnalité limite (Borderline) ou encore le T.D.I..

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