SiriusB – Les nœuds que vous ne pouvez pas défaire

Encore toi. Je suis en mer depuis un mois, à lutter contre les vagues et les tempêtes, et te voilà, empêtré dans des nœuds que tu ne peux pas défaire.

Alors, qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Tu as besoin d’aide ? Très bien. Allons-y.

L’armée des PNJ, les essaims, les serpents, les reptiliens, ils sont là depuis deux siècles, rampant lentement, en vagues incessantes. Tu n’es pas au courant ?

Le clergé a répandu ses mensonges, prétendant qu’il s’agissait d’un événement futur, d’une apocalypse lointaine. Mais non, cela couve sous nos pieds depuis le début.

Sont-ils venus avec des armes à feu ? Non. Ils se sont glissés comme de la pourriture sous les planchers, silencieux, invisibles, engloutissant les temples, les tribunaux, les écoles, les conseils.

Ils ont réécrit l’histoire sous des lumières fluorescentes malsaines. Ils ont démoli les vérités ancestrales avec des notes de service et une bureaucratie sans fin. Ils ont étouffé la loi naturelle sous des montagnes de paperasse et ont appelé cela le progrès.

Ce qu’ils ne pouvaient pas détruire purement et simplement, ils l’ont noyé sous des formulaires et des signatures. Pourquoi se battre quand on peut enterrer un homme sous la bureaucratie ?

Ils n’ont pas construit ce monde avec de la pierre ou de l’acier, non. Ils l’ont fabriqué à partir de délais, de clauses, de frais et de codes sans valeur. Un maudit labyrinthe de dossiers et de chaises de bureau.

Né dans ce monde, l’homme est enchaîné dès sa naissance et on lui dit que c’est la liberté. Il travaille, ils le saignent à blanc. Il se repose, ils le sanctionnent.

Il pose des questions, ils lui envoient des lettres empreintes d’une autorité creuse, signées par des hommes pâles qui n’ont jamais versé une goutte de sang, jamais transpiré, jamais fabriqué quoi que ce soit de leurs propres mains.

Ces parasites ne portent pas d’armes, mais des blocs-notes. Ils chassent avec leur jargon, vêtus de costumes, crachant des absurdités bien rodées.

Conseillers fiscaux, auditeurs, avocats d’entreprise, responsables de la conformité, ils forment une colonie fongique qui se nourrit de la confusion et de la peur.

Ils n’inventent rien, ne construisent rien. Ils survivent en transformant le chaos en factures et la peur en heures facturables. Que font-ils vraiment ? Quelle valeur ajoutent-ils ?

Leur esprit ? Étroit, mesquin, tournant en rond dans une complexité inutile. Ils confondent des règles alambiquées avec de l’intelligence. Mais dix mille rouages ne peuvent signifier qu’une seule chose : l’échec, le gaspillage, le parasitisme.

Comment un système aussi alambiqué peut-il servir autre chose que ses maîtres ? Combien de temps avant qu’il s’effondre sous son propre poids ?

Et le pire dans tout ça ? L’homme ne riposte pas. Pourquoi le ferait-il ? L’ère du feu et de l’acier est révolue. La plupart ne savent pas faire un nœud correct. La plupart ne savent pas construire un abri avec de l’écorce ou chasser sans outils en plastique.

Leurs mains sont douces, ruinées par le tapotement constant sur les écrans. Leurs instincts ont été remplacés par l’obéissance et les scripts. L’homme à son apogée, celui qui traversait les océans en suivant les étoiles, qui affrontait les tempêtes sans broncher, n’est plus qu’un fantôme.

Mort ou oublié. Qui a laissé cela se produire ? Qui s’est vendu ?

Les parasites s’en sont assurés. Ils craignaient la force, alors ils l’ont écrasée. Ils craignaient la clarté, alors ils l’ont noyée dans le brouillard. Ils craignaient le courage, alors ils l’ont drogué avec le confort et la distraction. Ils craignaient le brut et le réel.

Mais ils craignaient surtout le froid.

La cascade ne brûle pas, elle refroidit. Elle frappe comme une pierre ancienne, comme le temps qui réveille la chair d’une gifle. Elle arrête le temps. Elle rend le souffle plus vif et clarifie l’esprit.

Elle ne laisse aucune place au mensonge. Elle vous dit qui vous êtes, pas une entrée dans un registre, pas un numéro fiscal, pas un drone dans leur machine, mais une créature forgée dans le courage, la douleur et l’endurance. Elle montre les chaînes et vous oblige à vous en souvenir.

Alors ils vous ont dit de la craindre. De rester à l’intérieur, sous médicaments, confortablement, docilement. Mais la cascade est la vérité oubliée. Elle ne réconforte pas, elle confronte. Elle réveille les nerfs, endurcit la moelle. Elle exige un choix : se conformer ou devenir.

Ce n’est pas un pays. C’est un abattoir.

Quelques-uns se régalent. Les nombreux saignent.

Et ils ont l’audace d’appeler cela la liberté ? Dites-moi, combien de temps allons-nous faire semblant ? Combien de temps allons-nous laisser ces parasites s’engraisser sur notre dos pendant que nous pourrissons en silence ?

…SiriusB…


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