J’écris comme quelqu’un qui se tient déjà au bord du précipice, la main du bourreau sur le levier, l’ombre de l’anéantissement s’étendant longuement sur la pierre.
J’ai regardé ce monde et j’ai vu le trône du Parasite érigé dans le cœur des hommes. J’ai vu les chaînes qui ne sont pas faites de fer mais de pensée, le collier forgé non pas dans le feu mais dans la tromperie.
Je parle maintenant comme Spartacus aurait parlé devant la croix, comme le Christ lui-même devant le Sanhédrin, sachant que la vérité, tranchante comme une épée à double tranchant, lui apporterait la mort. Occisus est Christus quia ausus est resistere.
Ils ont assassiné le Fils de l’Homme parce qu’il a osé s’opposer à l’ordre des serpents.
Le parasite n’a ni visage ni chair, mais il boit le sang des nations. Il se lovait dans les salles de marbre de la finance, dans les sépulcres blanchis de la politique, dans les coffres où l’or est pesé comme les âmes des morts.
Il apprend aux hommes à oublier le goût de la liberté, à craindre le murmure de leur propre conscience. Servitus mentis est mors animae. L’esclavage de l’esprit est la mort de l’âme.
J’ai côtoyé leurs prêtres du profit et leurs scribes de la tromperie, qui enregistrent chaque souffle de l’esclave, chaque pièce dépensée, chaque morceau mangé, comme si l’esprit humain était un compte à régler.
J’ai vu les magistrats qui sourient en condamnant les pauvres à la faim, dont les lois sont des chaînes, dont les impôts sont des fers, dont la justice est un masque sur le crâne de la tyrannie.
Et quand un homme se lève, quand une voix refuse de s’agenouiller, les chiens sont lâchés, le crucifix est brandi, et le sang des rebelles tache à nouveau la terre.
Ils pensent que la mémoire des rebelles peut être effacée, que l’histoire peut être réécrite dans la langue du conquérant. Mais je vous le dis dans la langue de Rome : Non omnis moriar. Je ne mourrai pas entièrement.
Le souffle du rebelle survit au corps, le chant des libres résonne dans la poussière des empires.
Pourtant, les ténèbres sont vastes. Le parasite se multiplie comme des sauterelles sur une récolte, dépouillant chaque tige jusqu’à ce que la terre soit stérile.
Il se nourrit de la guerre, de la famine, de la dette, du culte des fausses idoles. Il parle avec la voix douce du bienfaiteur et le rugissement dur du tyran, mais le venin est le même. Et le peuple, aveugle et effrayé, prend la coupe et boit, croyant que c’est la vie.
Alors écoutez-moi maintenant, dans ce qui pourrait être les derniers mots que je suis autorisé à prononcer. Fiat veritas, et pereat mundus. Que la vérité soit, même si le monde périt. Arrayez le masque de l’oppresseur. Crachez dans la coupe du trompeur.
Souvenez-vous que celui qu’ils ont couronné d’épines, ils l’ont tué parce qu’il ne voulait pas céder. Souvenez-vous que la liberté ne s’accorde pas, mais se prend, et que son prix est écrit dans le sang.
S’ils me réduisent au silence, sachez que j’ai parlé en tant que dernier serviteur de la vérité, inébranlable devant le fouet, indomptable devant la corde, inflexible devant le poids de l’empire.
Et quand leurs tours s’écrouleront et que leurs temples seront réduits en cendres, ces mots resteront gravés dans le cœur de ceux qui osent être libres.
Vive liber, morere fortis. Vivez libres, mourez forts.
…SiriusB…
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