Aujourd’hui, j’aimerais revenir sur un sujet que j’avais abordé pour la première fois en 2015 :
ce chaos étrange et accablant qu’un empathique peut ressentir, tant sur le plan émotionnel que physique, lorsqu’il est confronté à une énergie inauthentique.
Je vais commencer par une question.
Avez-vous déjà passé du temps avec quelqu’un qui, en apparence, semble parfaitement agréable, gentil, poli, voire charmant, mais qui vous met mal à l’aise ? Vous vous sentez déstabilisé, mal à l’aise, peut-être même un peu désorienté, comme si vos pensées ne s’alignaient pas correctement ?
Si cela vous dit quelque chose, c’est qu’il y a une raison.
Pour un empathique, il s’agit rarement de ce qui est dit. Il s’agit de ce qui est ressenti en profondeur. Vous percevez un décalage, cet écart subtil mais indéniable entre l’image que quelqu’un donne de lui-même et ce qui se passe réellement sous la surface.
C’est comme si votre radar interne sonnait discrètement l’alarme : quelque chose ici n’est pas réel.
Or, si vous êtes non seulement empathique mais que vous présentez également des traits autistiques, cette expérience peut vous sembler encore plus intense et déstabilisante.
Pourquoi ? Parce qu’il y a souvent un besoin profond de cohérence et de clarté. Lorsque les mots, le ton, le langage corporel et l’état émotionnel sous-jacent d’une personne ne concordent pas, cela crée une sorte de bruit de fond interne.
Tu ne te contentes pas de percevoir le manque d’authenticité, tu essaies de le traiter, de lui donner un sens, et ton système n’arrive pas tout à fait à concilier cette contradiction.
C’est là que le blocage peut survenir.
Pour de nombreux empathes, être confronté au manque d’authenticité déclenche une sorte de réaction de paralysie protectrice. Les mots restent coincés. Les pensées s’éparpillent.
La mémoire semble peu fiable. Ce n’est pas de la faiblesse, c’est une surcharge. Votre système tente de filtrer les signaux contradictoires tout en vous protégeant du courant émotionnel sous-jacent que vous avez perçu.
Pour une personne présentant des traits autistiques, ce phénomène peut être encore plus prononcé. Le cerveau travaille déjà d’arrache-pied pour traiter les interactions sociales de manière structurée, et soudain, il est confronté à quelque chose qui ne suit aucun schéma clair. Le résultat ?
Une sorte de court-circuit interne. Vous pouvez vous retrouver à poser des questions par réflexe, à vous taire, ou à avoir l’impression d’avoir temporairement « perdu l’accès » à votre mode de communication habituel.
Je me souviens, à l’époque où j’étais coiffeuse, qu’il y avait des clients qui semblaient absolument charmants. Chaleureux, sympathiques, avec qui il était facile de parler.
Et pourtant, en travaillant avec eux, je me sentais mal, oppressée, déstabilisée, presque mal à l’aise dans ma propre peau. À l’époque, je ne comprenais pas. Cela n’avait aucun sens logique.
Plus tard, lorsque j’ai compris ma nature empathique, j’ai eu un déclic. Je ne réagissais pas à ce qu’ils montraient, je ressentais ce qu’ils cachaient. Douleur, insécurité, ressentiment, tristesse… le tout dissimulé sous une conversation polie et un sourire bien rodé.
Et c’est là tout le problème : le manque d’authenticité prend de nombreuses formes, et tout n’est pas malveillant. Parfois, c’est simplement une question de survie.
Voici quelques exemples susceptibles de déclencher ce sentiment de « paralysie » : Et vos réactions pourraient ressembler à ceci : C’est là que cela devient un peu plus profond.
- Une personne qui veut désespérément être aimée, et qui devient donc excessivement conciliante ou fait preuve de gentillesse sans la ressentir sincèrement
- Une personne qui porte en elle une profonde colère ou un profond ressentiment, mais qui se présente comme calme et posée
- Une personne marquée par une enfance difficile, masquant son insécurité par de la bravade ou une distance émotionnelle
- Une personne qui s’est construit une personnalité entièrement nouvelle pour cacher des aspects d’elle-même qu’elle pense ne pas être acceptés
- Des compliments excessifs ou hypocrites qui semblent creux plutôt que chaleureux
- Des histoires qui semblent exagérées ou inventées pour attirer l’attention ou obtenir l’approbation
- Les éviter, même s’ils n’ont rien fait de « mal » en apparence
- Avoir du mal à parler, ne pas trouver ses mots, ou ce que l’on dit semble décousu
- Une sensation de lourdeur et de malaise dans l’estomac qui persiste jusqu’à ce que vous partiez
- Se sentir épuisé, dans le brouillard, voire physiquement mal après avoir passé du temps avec eux
- Un mélange déroutant entre le fait d’apprécier la personne et de détester ce que l’on ressent en sa présence
- Un sentiment d’impuissance, comme si l’on n’arrivait pas tout à fait à « trouver ses marques » en leur présence
Ce n’est pas parce que vous percevez le manque d’authenticité chez les autres que vous en êtes vous-même totalement exempt. Ce n’est pas une critique, c’est humain.
Parfois, le malaise que vous ressentez ne concerne pas seulement eux. Il s’agit aussi de reconnaissance. Vous percevez peut-être chez eux quelque chose qui reflète ce que vous avez dû réprimer en vous-même.
Ce n’est pas toujours facile à accepter.
Car la vérité, c’est que la plupart d’entre nous avons, à un moment ou à un autre, appris à cacher certaines facettes de notre personnalité. Nous avons souri alors que nous nous sentions déprimés.
Nous avons fait semblant d’apprécier des choses que nous n’aimions pas. Nous avons adouci nos angles pour être acceptés. Nous avons joué des rôles pour surmonter des situations.
À petites doses, cela fait partie de la vie. Mais lorsque cela devient un mode de vie, lorsque le masque devient la norme, cela crée une déconnexion. Et les personnes sensibles ressentent cette déconnexion de manière aiguë, tant chez les autres qu’en elles-mêmes.
C’est particulièrement vrai si vous êtes à la fois empathique et doué pour repérer les schémas et les incohérences. Vous ne vous contentez pas de ressentir la couche émotionnelle, vous détectez le décalage structurel.
Et votre système n’aime pas les contradictions non résolues. Il recherche la cohérence, la vérité, quelque chose de solide sur quoi s’appuyer.
Lorsque cela fait défaut, cela peut donner l’impression d’essayer de marcher sur un sol instable.
C’est pourquoi l’authenticité est si importante pour les personnes sensibles. Pas dans le sens performatif de « dis ce que tu veux », mais dans un alignement ancré et honnête entre le monde intérieur et le monde extérieur.
Car lorsque nous enfouissons des parties de nous-mêmes, en particulier les traits que nous avons jugés inacceptables, ils ne disparaissent pas. Ils passent dans l’ombre. Et de là, ils influencent nos pensées, nos réactions et nos relations d’une manière que nous ne comprenons pas toujours.
Parmi les traits de caractère couramment enfouis, on trouve : Ceux-ci ne surgissent pas de nulle part. Ils trouvent souvent leur origine dans des expériences très humaines :
Ce qui commence par une petite réaction émotionnelle peut, avec le temps, se transformer en quelque chose de plus profond, quelque chose que nous sentons devoir cacher pour être acceptés.
- Colère
- Jalousie
- Peur du rejet
- Rancœur
- Avoir été blessé ou traité injustement
- Avoir grandi dans un environnement marqué par la colère et l’avoir absorbée
- Se sentir ignoré ou comparé aux autres
- Avoir vécu le rejet, en particulier dans les premières années
Mais se cacher a un coût.
Car lorsque vous êtes déconnecté de certaines parties de vous-même, vous êtes également plus sensible à cette même déconnexion chez les autres. Elle devient plus forte, plus discordante, plus difficile à tolérer.
C’est pourquoi il est important de faire un travail sur soi-même. Non pas pour devenir parfait, mais pour devenir entier.
…Diane Kathrine…
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