SiriusB – Lutte contre les monstres

Il est temps de suivre. On parle de combattre des monstres, ou vous dormez encore ?

J’ai expliqué les mécanismes de la ligne temporelle à maintes reprises, ainsi que ceux de la Tartarie – il y a beaucoup de logique et de preuves pour quiconque veut les voir.

Si vous continuez à le nier, c’est que vous ignorez volontairement la vérité ou que vous n’êtes qu’un PNJ parmi d’autres.

Alors, on parle de monstres maintenant, ou vous avez trop peur ?

Extrait de l’Encyclopédie occulte, Volume III : La guerre astrale de base

Écrit au printemps de l’année 1820, Europe – Révision III

Il faut d’abord comprendre que le visage que l’homme présente dans le monde éveillé n’est qu’une impression fugitive sur le tissu de la matière inférieure, une faible ombre projetée par un plus grand luminaire au-delà du voile.

La chair, le visage, le vêtement ne sont que des vêtements éphémères, des artifices insignifiants imposés à l’âme par les rudiments de la naissance matérielle.

Cependant, dans l’Astral, où aucun artifice ne dure et où aucun masque ne trompe, chaque être se tient dans la plénitude de son véritable statut, immuable, non embelli et non orné de mensonges.

Dans ce royaume, l’esprit prend la forme qui lui convient, une forme qui n’est pas le fruit des accidents du sang ou des erreurs de l’art, mais qui est le fruit du poids même de son essence.

Les timides qui se pavanent comme des lions dans le monde de l’éveil s’y retrouvent comme des misérables rétrécis, avec des formes courbées et pitoyables, parce que la force qu’ils avaient empruntée leur a été enlevée.

Le tyran orgueilleux qui, dans sa vie, a influencé la volonté des multitudes, peut être vu comme une chose rampante, son pouvoir se révélant n’avoir été qu’une illusion tirée de la crédulité d’esprits inférieurs.

À l’inverse, les humbles dont le cœur brûle d’un feu inouï peuvent s’avancer comme des géants, parés de la terrible beauté de la véritable majesté de leur esprit.

Car dans cette sphère, personne ne peut emprunter la force, ni tromper par de vaines démonstrations ; l’enveloppe est épluchée, et seule l’âme subsiste.

Pourtant, parmi les multitudes astrales, il en existe dont les formes ne proviennent pas de la lutte d’une âme pour s’élever, ni du poids de sa vertu ou de son vice, mais d’un tout autre principe – un algorithme prédateur, une fonction parasitaire inscrite dans les strates astrales de l’existence elle-même.

Ces êtres, lorsqu’ils sont vus dans leur véritable état, n’ont pas l’aspect noble des guerriers ni le visage radieux des illuminés, mais la marque indubitable du mangeur, de la sangsue, du dévoreur.

Dans le monde de l’éveil, ils peuvent revêtir des apparences de richesse, de position et de commandement, présidant des entreprises, des guildes et des dominions comme s’ils étaient des seigneurs autodidactes de l’industrie et du commerce.

Pourtant, leurs formes les trahissent. On peut observer la pâleur artificielle de leur peau, comme si la chair elle-même reculait devant le soleil.

Leurs yeux, enfoncés dans des orbites qui ne trahissent aucune chaleur de l’âme, se déplacent avec le calcul rapide et nerveux de la créature qui se nourrit mais ne construit jamais.

Ils se parent des atours du pouvoir, mais il y a dans leur aspect le parfum inébranlable de la crypte, comme s’ils avaient gravi les échelons non par le travail, l’invention ou la maîtrise, mais par l’extraction lente et insidieuse du sang de ceux qui travaillent en dessous d’eux.

Ces êtres, bien que d’apparence humaine, sont gouvernés par un principe astral identique à celui du moustique, de la tique et de la sangsue – des organismes qui ne contribuent en rien à la structure dont ils se nourrissent, mais qui survivent plutôt par le prélèvement incessant et impitoyable de l’essence d’autrui.

Le sacerdoce du fisc, la guilde du financier, le conclave du consultant et les tribunaux bureaucratiques de la conformité ne sont que des expressions variées de la même vérité fondamentale : l’instinct vampirique, la faim d’une subsistance non méritée.

Pourtant, leur domination n’est pas éternelle.

Car dans l’Astral, où aucun titre ne peut être feint et aucune accréditation ne peut les protéger, ils se révèlent pour ce qu’ils sont – des enveloppes desséchées, des vaisseaux vides, incapables de générer leur propre essence, se nourrissant du labeur d’autrui mais totalement impuissants dans un royaume où seule la force véritable est prise en compte.

Leur corps, dans ce lieu, n’est qu’une coquille fragile, leurs membres sont faibles, leur emprise ténue.

Contrairement à l’érudit, dont l’esprit forge la lumière, ou au guerrier, dont la volonté l’arme contre les horreurs du vide, ces misérables n’ont rien construit ni stocké, si ce n’est ce qu’ils ont volé, et le vol dans l’Astral n’apporte aucun pouvoir.

Qu’on se le dise : l’Astral n’est pas un simple phantasme, ni une vaine fantaisie évoquée par des esprits détachés de la raison, mais le domaine véritable et souverain dans lequel tous les êtres sont mesurés.

Les sages n’investissent pas leurs forces dans ce monde éphémère, ni ne s’efforcent d’orner le masque de la chair, mais fortifient l’esprit, sachant bien que lorsque le grand voile se lèvera, ce n’est pas l’apparence d’un homme qui subsistera, mais la vérité indélébile de son âme.

Et à ce moment-là, les bâtisseurs se lèveront, les guerriers se tiendront debout, les chercheurs de sagesse brilleront comme des étoiles, mais les parasites – ces ombres de la faim, ces rois de la fausse domination – seront rejetés dans l’abîme, car il n’y a pas de nourriture dans l’éternité pour ceux qui n’ont vécu que pour se nourrir.

Dans l’Astral, je rassemblerai ces créatures avec douceur, les transférant de la maison à leur poste légitime de gardien. À l’intérieur, elles peuvent mordre, rarement par méchanceté, mais par instinct.

Leur morsure provoque une brève douleur, mais aucun mal durable. Ils sont erratiques, capricieux, mais ils ont beaucoup d’amis.

J’ai connu un homme rusé qui se parait de l’emblème du serpent, croyant qu’il lui conférait un pouvoir sombre et singulier.

Il portait également sur son vêtement l’œil d’Horus, qu’il avait cependant déformé à ses propres fins corrompues, s’efforçant de plier l’ancienne majesté à ses vils desseins.

Ce faisant, il a suscité la colère d’Hermès, le héraut de l’Olympe au pied léger, et d’Horus, le seigneur de l’Égypte à l’œil de faucon.

Alors qu’il pensait que ces symboles lui conféreraient une puissance inégalée par les mortels, il découvrit que les dieux ne sont pas aveugles au sacrilège ni indifférents à la trahison.

Sa petite démonstration de domination n’était qu’un éclair dans le crépuscule avant la descente du châtiment divin, garantissant qu’une telle profanation ne resterait pas impunie.

~ SiriusB


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