La guérison n’est pas une destination ni une case à cocher une fois que nous avons fait le « travail ».
C’est un processus vivant, respirant, en constante évolution, qui évolue avec nous, se déploie en nous, nous transforme et continue à évoluer à mesure que nous grandissons, nous épanouissons et nous éveillons.
Ce n’est pas un chemin net et prévisible. Il y a des jours où nous avons l’impression d’avoir enfin atteint un terrain solide, où nous nous sentons ouverts et en paix.
Et puis il y a des jours où d’anciennes blessures refont surface, où des schémas réapparaissent et demandent une attention plus profonde, une plus grande reconnaissance et une libération, révélant qu’une autre couche est prête à être dévoilée.
C’est la nature même de la guérison, de la croissance et de la transformation.
Nous avons souvent la conviction que la guérison doit être propre, claire et linéaire. Que si nous faisons les bons exercices, lisons tous les bons livres, faisons suffisamment de méditation ou prononçons toutes les bonnes affirmations, nous y arriverons.
La guérison ne se présente pas ainsi et ne fonctionne pas ainsi. Certains jours, nous sommes forts, lucides, ancrés et présents. D’autres jours, nous nous sentons à vif, exposés et brisés. Les deux font partie du voyage.
La guérison n’est pas quelque chose que l’on atteint, c’est quelque chose que l’on vit, un voyage qui nécessite d’abandonner, d’accepter et de reconnaître. Elle nous demande de nous retrouver encore et encore, à chaque fois avec plus de compassion et plus de patience.
Elle nous demande d’honorer chaque sentiment que nous avons autrefois refoulé et nous apprend à écouter, non seulement la douleur, mais aussi le silence qui se cache derrière elle.
Elle exige une nouvelle relation avec nous-mêmes, une relation qui ne soit ni précipitée ni contournée. Une relation qui nous donne l’espace et le temps nécessaires pour ressentir, intégrer et véritablement changer.
La guérison est un retour à ce qui a été caché sous des couches de conditionnement, de protection et de survie. C’est le décollement de ces couches et l’intégration de tout ce qui a été séparé, nié ou fragmenté. Le chagrin oublié, la honte silencieuse, les histoires héritées.
Il ne s’agit pas d’effacer ce qui s’est passé, mais de transformer notre relation à ce qui s’est passé en apprenant à accepter ce que nous avons autrefois dû fuir. Même lorsque cela fait mal, lorsque c’est inconfortable. Surtout dans ces moments-là.
La guérison est profondément imprévisible. Elle ne se présente pas toujours sous la forme de lumière ou d’amour. Parfois, elle ressemble à une rage qui refait surface après des décennies de refoulement, ou au fait de lâcher prise sur tout ce que nous pensions vouloir, ou encore à la confrontation avec les parties de nous-mêmes qui sont trop sensibles, trop brisées et trop chaotiques.
Parfois, elle ne ressemble à rien du tout, juste au travail silencieux qui consiste à observer et à attendre, tandis que nous revivons les mêmes leçons, mais à chaque fois avec une nouvelle conscience.
Notre cheminement personnel vers la guérison est unique. Nous ne savons pas toujours comment il va se dérouler ni où il va nous mener. Il y a toujours une part de mystère dans ce processus qui ne peut être prédit.
Lorsque nous faisons confiance à l’intelligence profonde à l’œuvre et au voyage lui-même, cela peut être l’expérience la plus libératrice de notre vie.
La guérison nous demande
De ralentir, d’écouter, de respirer et de ressentir. Nous ne pouvons pas précipiter le processus ou le voyage et nous devons apprendre à respecter son rythme.
De tout ressentir. Ne pas se contenter de penser à nos blessures, mais ressentir le chagrin, la rage, la peur et la joie. La véritable guérison intérieure commence lorsque nous cessons de nous engourdir et que nous commençons à prêter attention à ce qui demande à être traité.
D’être présent en ramenant notre conscience dans notre corps, dans l’instant présent et dans ce qui est ici et maintenant.
Pour l’auto-compassion. Nous ne guérissons pas en nous jugeant, nous guérissons en accueillant nos blessures avec amour et bienveillance.
Pour la confiance. Nous ne savons pas toujours où nous allons, mais notre âme le sait. Le chemin de la guérison consciente se parcourt un pas à la fois.
~ Kate Spreckley
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