Comment la compassion peut vous aider à respecter vos limites

Julie Peters

Au lieu de la fermeté, essayez de faire preuve de bienveillance et de compassion pour maintenir des limites saines dans vos relations.

Établir et respecter des limites émotionnelles est un défi pour beaucoup d’entre nous. Peut-être avons-nous appris qu’il n’est pas acceptable de dire non ou que nous ne serons aimés que si l’on a besoin de nous.

Nous nous surmenons et en faisons plus que nous ne le devrions, cherchant à satisfaire les autres au détriment de nous-mêmes et de notre authenticité. Nous savons que nous devons établir des limites avec nos partenaires, nos supérieurs hiérarchiques et même nos enfants — et pourtant, nous avons du mal à le faire.

Si établir des limites avec nos proches est difficile, c’est en partie parce que nous les aimons ! Nous ne voulons pas les repousser ni nous isoler d’eux. Mais si nous continuons à dire oui alors que nous sommes épuisés ou que nous éprouvons du ressentiment, nous ne ferons que rendre les choses plus difficiles.

Si nos relations n’en souffrent pas, notre corps, lui, en souffrira certainement, nous faisant comprendre que nous nous faisons du mal lorsque nos limites ne sont pas clairement établies.

La colère est souvent la première émotion qui nous signale qu’une limite est franchie. Il est important de reconnaître ce signal pour préserver notre sécurité et notre intégrité sur les plans émotionnel, spirituel et physique. La colère peut être froide et dure, mais la compassion peut être sa proche alliée.

Nous pourrions être surpris de découvrir que la compassion et la bienveillance peuvent nous aider à établir et à maintenir des limites appropriées. Il est compréhensible de penser que tout ce dont nous avons besoin, c’est d’un peu de méchanceté ou d’indifférence pour nous protéger.

La compassion ne va-t-elle pas nous pousser à répondre à cet appel téléphonique, à ranger cette chambre en désordre ou à contester les théories du complot de cet oncle ?

Pas nécessairement. Trop souvent, nous enfreignons nos propres limites non pas parce que quelqu’un a réellement besoin que nous fassions quelque chose, mais parce que nous en ressentons le besoin.

Nous craignons que si nous fixons une limite, nous soyons rejetés, mal vus, ignorés ou isolés — ce qui ramène tout à nous. La compassion nous aide à recentrer l’attention sur l’autre personne, et nous pouvons ainsi fixer nos limites avec amour.

Les limites empreintes de compassion ne concernent pas vous

Imaginons, par exemple, que j’aie besoin d’un peu d’espace face aux appels téléphoniques incessants de ma sœur pour l’aider à surmonter son récent divorce. J’aime ma sœur et je compatis à sa situation, mais elle m’appelle tard le soir alors que je suis épuisée par ma journée et que j’ai besoin de temps pour me reposer.

La peur pourrait me faire croire que je devrais répondre, car sinon elle pensera que je suis une mauvaise sœur, ou que ma mère me jugera de ne pas être là pour elle. En réalité, la peur s’inquiète pour moi.

La compassion, elle, tient compte de ma sœur : elle traverse une période difficile en ce moment. C’est aussi une adulte, capable de gérer la situation même si je ne réponds pas à son appel. Je veux entendre ce qu’elle a à dire quand j’aurai le temps et l’espace émotionnel nécessaires pour l’écouter et lui répondre.

La compassion me donne la marge de manœuvre nécessaire pour réfléchir à ce que j’ai vraiment à offrir, plutôt que de dépasser mes propres limites pour aider quelqu’un qui m’est cher.

Les limites s’entremêlent également lors des disputes — surtout si l’autre personne nous tient à cœur. Imaginons que je sois coincée à un dîner avec quelqu’un qui me met vraiment hors de moi. Je ne suis pas d’accord avec ce qu’il dit et je me lance dans une dispute stérile avec lui, terminant la soirée épuisée.

La compassion me rappelle que cette personne en est venue à ces convictions à sa manière et pour ses propres raisons. C’est un être humain, tout comme moi. La compassion me permet de me rappeler que cette dispute ne porte pas sur moi, ni sur mon identité, mes préoccupations ou mes valeurs.

Elle pourrait même m’inciter à lui poser une question sur la façon dont ses opinions se sont forgées. La compassion peut créer une distance bienveillante, laissant place à la curiosité et à la connexion, en allégeant la pression qui pèse sur nous-mêmes et sur notre ego.

La compassion n’est peut-être pas toujours l’outil adéquat lorsque nous devons établir et maintenir des limites. Parfois, nous avons besoin d’une colère claire et froide, ou d’une bonne vieille peur, pour nous éloigner d’une situation malsaine ou dangereuse.

Mais il peut être intéressant d’expérimenter la compassion lorsque vous explorez les limites que vous devez mettre en place et que vous vous entraînez à les maintenir avec bienveillance.

…Julie Peters…


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