Le monde est endetté à hauteur de 300 000 milliards de dollars. Auprès de qui ?
Auprès des banques. Auprès des institutions. Auprès d’entités qui ne produisent rien, ne cultivent rien, ne construisent rien, n’ont jamais rien construit et ne pourraient pas survivre un seul jour en toute honnêteté sur le marché dont elles se nourrissent.
La dette de l’humanité tout entière, de chaque nation, de chaque ferme, de chaque usine, de chaque heure de travail humain jamais arrachée à un corps humain, due à des hommes qui ont créé l’argent qu’ils ont prêté à partir de rien.
À partir d’une politique. D’un décret. De cette même autorité obscure qu’un prêtre invoque lorsqu’il déclare le sacrifice acceptable.
On ne peut pas être endetté envers quelque chose qui a fait apparaître la monnaie par magie. Ce n’est pas une dette. C’est une malédiction déguisée en droit des contrats.
L’impôt est le mécanisme local de collecte de cette architecture. Vous payez des impôts. Le gouvernement prélève des impôts. Le gouvernement rembourse la dette avec les impôts. La dette revient aux prêteurs. Les prêteurs ont créé l’argent à partir de rien.
Votre travail, votre risque, vos années d’insomnie passées à construire quelque chose de réel, convertis en chiffres qui servent à rembourser un solde qui ne devrait pas exister, détenu par des hommes qui n’ont jamais touché de leur vie ce que vous avez construit.
Le parasite ne vous déteste pas. Pour cela, il faudrait qu’il vous reconnaisse. Vous n’êtes que l’hôte. L’arrangement est impersonnel. L’exploitation est systémique.
Les hommes au sommet de cette structure n’ont pas pensé à vous une seule fois. Vous n’êtes qu’un flux sur une feuille de calcul. Un calendrier de dîmes. Un rendement.
Le peuple alimente le feu. Les prêtres de Baal remplissent les formulaires. Le dieu s’engraisse.
Et on dit au peuple que c’est ça, la civilisation.
Mais le sort ne tient que tant que le peuple y croit.
Le prêtre n’a aucun pouvoir sur l’homme qui passe devant l’autel sans s’arrêter. La dîme ne coule que de l’homme qui accepte qu’il la doit. Le feu s’éteint quand le peuple cesse d’apporter du bois.
Baal n’est pas vaincu par la guerre. Il est vaincu par la prise de conscience. Par le moment où un homme regarde le prêtre, regarde le feu, regarde la facture qu’il tient à la main, et dit : « C’est moi qui ai fait ça. Tu n’as rien fait. Et je ne te dois pas ma vie. »
C’est la fin contre laquelle les prêtres ne peuvent pas remplir de paperasse.

…Sirius B…
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