Faites confiance à votre instinct : écoutez le deuxième cerveau de votre corps

Pascaline Odogwu

Souvent, votre corps sait avant votre esprit.

Apprenez à faire taire le bruit ambiant, à retrouver un sentiment de sécurité et à rétablir votre confiance en la sagesse de votre instinct, ce puissant système intuitif qui vous signale la sécurité, vous met en garde et vous révèle la vérité.

Il y a des moments où votre corps réagit avant même que vous ne puissiez mettre des mots sur ce qui se passe.

Votre estomac se noue, votre appétit disparaît. Une légère nausée s’installe, ou un calme soudain vous envahit sans explication. Vous essayez peut-être de vous en défaire par la raison.

Vous vous dites que vous réfléchissez trop, que vous dramatisez, que vous imaginez des choses. Mais le corps ne s’exprime pas par des arguments. Il s’exprime par des sensations.

Avant que j’apprenne à l’appeler intuition, mon corps savait.

Avant que je puisse expliquer pourquoi un endroit ne me semblait pas sûr, pourquoi une décision me semblait mauvaise, ou pourquoi une personne me mettait mal à l’aise malgré sa gentillesse, mon instinct réagissait.

Il se repliait sur lui-même, se taisait, ou s’alourdissait d’une manière qui ressemblait à un avertissement que je n’étais pas encore prête à écouter.

On nous apprend souvent à nous méfier de ce genre de savoir. Les sentiments sont présentés comme peu fiables, en particulier ceux liés au corps. Soyez logiques, nous dit-on.

Soyez rationnels. Rassemblez des indices. Attendez des preuves. Expliquez-vous. Et pourtant, à maintes reprises, c’est le corps qui réagit en premier, bien avant que l’esprit ne rattrape son retard.

Preuve physique de la sagesse du corps

L’instinct est à la fois un système physique dans le corps et un sixième sens métaphysique.

La science commence à expliquer ce que le corps a toujours su. Il existe un réseau complexe de neurones intégré dans les parois du tractus gastro-intestinal, connu sous le nom de système nerveux entérique. Souvent appelé le « deuxième cerveau »,

il contient des centaines de millions de neurones et fonctionne en grande partie indépendamment du cerveau situé dans le crâne. Il traite l’information, apprend des schémas et communique constamment avec le système nerveux central — non pas par des mots, mais par des signaux.

L’intestin est profondément impliqué dans le traitement des émotions. Il produit des neurotransmetteurs, dont la sérotonine, et réagit rapidement au stress, à la sécurité, à la familiarité et à la menace.

Quand quelque chose ne va pas, l’intestin le détecte souvent avant même que la pensée consciente n’ait le temps de formuler une explication. Il ne prédit pas l’avenir — il se souvient du passé. Les schémas de danger, de surmenage ou de protection sont suivis, appris et mémorisés, et le corps réagit en premier.

Vous le remarquez peut-être aussi dans la vie de tous les jours. Par exemple, lorsque vous terminez une tâche et qu’elle semble achevée, mais que quelque chose cloche. Vous ne savez pas vraiment mettre le doigt dessus, mais votre instinct vous pousse :

Pas encore. C’est peut-être un détail à modifier, une partie à raccourcir, ou quelque chose à supprimer complètement. Vous y touchez, vous l’ajustez, vous déplacez des éléments, et finalement, ça fait tilt.

Vous ressentez un petit frémissement de soulagement, une satisfaction tranquille qui se répand dans votre poitrine et votre estomac. Votre corps savait depuis le début que ce n’était pas vraiment terminé, et maintenant, ça semble enfin juste.

Nous sommes nombreux à avoir appris à ignorer ces signaux. Nous étouffons la faim, la fatigue, l’inconfort et le malaise afin d’être productifs, agréables ou forts.

Nous disons oui quand notre corps dit non. Au fil du temps, cela crée une fracture, non seulement entre l’esprit et le corps, mais aussi entre nous et notre propre confiance.

Le stress brouille les signaux

Les traumatismes, le stress chronique et la tension émotionnelle prolongée peuvent fausser ces signaux. Lorsque le système nerveux reste en état d’alerte, l’intestin peut réagir par de l’anxiété plutôt que par de la clarté. Des changements d’appétit,

des nausées ou des troubles digestifs peuvent apparaître sans cause apparente. Ce ne sont pas des sensations imaginaires ; c’est une forme de communication. Le corps tente de se protéger avec des instructions qui ne correspondent peut-être plus au moment présent.

L’alimentation physique joue également un rôle ici.

L’intestin réagit non seulement aux expériences émotionnelles, mais aussi à ce qu’on lui donne à assimiler. Une alimentation irrégulière, des aliments hautement transformés et un stress métabolique constant peuvent exacerber la réactivité intestinale, rendant les signaux plus forts et plus confus.

Lorsque le corps est nourri de manière régulière, le système nerveux s’apaise, l’inflammation diminue et les signaux intestinaux deviennent souvent plus discrets et plus clairs.

Il ne s’agit pas ici de perfection ou de contrôle alimentaire, mais de soutien. Le corps interprète la nourriture comme un signe de sécurité, et la clarté s’ensuit souvent.

Le travail ne consiste donc pas à faire taire l’intestin, mais à rétablir la sécurité afin que ses messages puissent être entendus clairement.

La régulation, le repos, la nutrition et l’honnêteté émotionnelle aident le système à se recalibrer. Lorsque le corps apprend qu’il est en sécurité, ses conseils deviennent plus stables, plus discrets, plus fiables.

La confiance peut demander de la pratique

Écouter son corps est une pratique de présence. Cela nécessite de ralentir suffisamment pour remarquer une sensation sans chercher immédiatement à l’expliquer. Cela nous demande d’être honnêtes quant à ce que nous ressentons, même lorsque cela perturbe nos projets ou défie la logique.

Faire confiance à son instinct ne consiste pas à réagir de manière impulsive. Il s’agit de construire une relation avec son propre corps, d’apprendre son langage et de l’honorer de manière constante.

C’est lorsque vous faites une pause et que vous vous demandez : Que sait mon corps en ce moment ? C’est lorsque vous vous autorisez à ressentir la tension au lieu de la refouler, ou à ressentir le soulagement au lieu de l’ignorer.

Avec de la pratique, vous commencez à réparer une relation avec vous-même qui a peut-être été négligée pendant des années.

Le corps ne crie pas. Il murmure. Il est patient. Il attend que nous ralentissions, que nous prêtions attention, que nous nous alignions sur ses conseils.

Tout ce qu’il demande, c’est que nous l’écoutions. La confiance ne naît pas de la certitude, mais de l’attention silencieuse que nous nous accordons.

…Pascaline Odogwu…


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