J’ai récemment discuté avec beaucoup de personnes qui se sentent épuisées, sans énergie ni motivation dans leur travail. Elles sont plus irritables envers les autres et ont l’impression que tout est un fardeau.
C’est ce que l’on ressent lorsque l’on est à bout de forces. Vous avez beaucoup donné, vous avez aidé les autres, mais vous vous sentez maintenant amer ou abattu.
Comment faire face à cette situation ? Faut-il simplement tenir bon ? Se répéter des affirmations positives ? Tout arrêter et se couper du monde ?
Toutes ces idées sont raisonnables, mais aucune ne me semble vraiment efficace. Il existe une autre solution : voyons comment gérer ce genre de situation.
Reconnaissez que vous êtes dans cette situation
Si vous ne réalisez pas que votre coupe est vide, vous ne pouvez rien y faire. La prise de conscience est donc la première étape la plus importante.
Voici quelques signes à surveiller :
- Vous vous sentez épuisé et vidé
- Vous ne vous sentez pas motivé pour faire quoi que ce soit
- Les gens vous irritent plus que d’habitude
- Tout vous semble être un fardeau
- Vous ressentez du ressentiment à l’idée de devoir prendre soin des autres
- Vous ne vous souciez plus autant des choses qu’avant
Tout d’abord, il n’y a rien de mal à ressentir cela ! C’est tout à fait humain et c’est la conséquence d’être très actif dans le monde. Toute personne qui dirige ou rend service ressentira cela à un moment ou à un autre.
Alors, comment faire face à cette situation ? Voyons quelques stratégies.
Prenez soin de vous
La première chose à remarquer, c’est que vous vous sentez malmené par le monde et très vulnérable. Beaucoup de gens veulent surmonter cela et se forcent à faire quelque chose. Ou bien ils veulent abandonner. Aucune de ces deux attitudes n’est utile.
Au lieu de cela, prenez soin de ces sentiments de vulnérabilité et de fragilité :
- Demandez-vous ce dont votre for intérieur a besoin : du repos, de l’espace, de respirer plus profondément, de compassion ?
- Si nécessaire, accordez-vous une petite pause, un peu d’espace et de repos. Repoussez certains rendez-vous, remettez certaines choses à plus tard, laissez-vous le temps de récupérer.
- Soyez attentif à ce que vous ressentez plutôt que de le refouler. Commencez à agir comme si c’était normal de ressentir cela et que c’était important pour vous. Accordez-vous de l’amour et de la compassion.
De quel type de repos avez-vous besoin ? Quelles sont les choses qui vous réconfortent ?
Je trouve utile de me créer un espace de repos en déplaçant mes rendez-vous et en me réservant une journée ou deux sans rien de prévu.
Je fais alors une sieste, je vais me promener dans la nature ou je passe du temps avec ma femme et mes enfants. Je fais aussi quelque chose d’amusant ou de réconfortant : j’aime boire un thé chaud, prendre une douche chaude, faire des câlins et regarder un film, ou encore préparer des cookies végétaliens aux pépites de chocolat.
Comment vous ouvrir davantage
Supposons que vous ayez fait les deux choses ci-dessus : reconnaître que vous êtes dans une période difficile et fragile, et faire ce que vous pouvez pour prendre soin de vous… Et maintenant ?
Que faire si vous voulez vous ouvrir davantage, être inspiré par votre travail et par la vie ? Être enthousiaste à l’idée de travailler avec d’autres personnes ?
Je ne pense pas que ce soit quelque chose qui doive être forcé. On ne peut pas forcer le cœur à s’ouvrir.
Cela dit, le cœur s’ouvre lorsque nous créons les conditions propices :
- Vous vous êtes soucié de ce que vous ressentiez et vous y avez prêté attention.
- Vous avez pris soin de vous, vous vous êtes accordé de l’espace, du repos, du temps pour respirer, de la présence, de l’amour, de l’attention, ou tout ce dont vous aviez besoin.
- Vous faites quelque chose qui ouvre le cœur : gratitude, émerveillement, joie, amour, compassion pour les autres ou pour vous-même.
Ces actions ne doivent pas nécessairement être réalisées toutes en même temps, ni dans un ordre précis. Vous pouvez d’abord vous reposer, puis vous intéresser à ce que vous ressentez, puis faire quelque chose de simple qui ouvre le cœur, puis répéter ces actions plusieurs fois à petites doses.
En fait, je dirais que les petites doses sont généralement plus efficaces. Il suffit d’en faire un peu de chaque, ce qui vous fait du bien, plutôt que ce que vous devriez faire.
Voici quelques exemples d’actions qui ouvrent le cœur :
- Passer quelques minutes à penser à trois choses pour lesquelles vous êtes reconnaissant aujourd’hui
- Faire une promenade émerveillée et vous laisser émerveiller par la nature
- Envoyer un petit mot d’amour à quelqu’un qui vous est cher
- Vous autoriser à faire quelque chose d’amusant et de joyeux (danser, jouer à des jeux, vous amuser dans l’océan)
- Ressentir de la compassion pour quelqu’un qui souffre
Ne vous forcez pas à faire ces choses. Faites-les quand vous vous sentez bien.
Petit à petit, votre cœur s’ouvrira. Vous serez alors prêt à vivre une vie inspirée.
Avec amour,
~ Leo Babauta
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