Des habitudes pour entretenir un état de bonheur de fond

Leo Babauta

Récemment, quelqu’un m’a dit que j’étais l’une des rares personnes qu’il connaissait à sembler avoir un état d’esprit fondamentalement heureux.

La plupart des gens qu’il connaît — y compris lui-même — vivent dans le stress, l’irritation, l’anxiété, le surmenage, la tristesse, etc.

Cela m’a fait réfléchir : est-ce vrai ? Et si oui, pourquoi cela m’arrive-t-il ?

Je pense que c’est vrai. Je ne suis certes pas heureuse tout le temps — je ressens toutes les émotions que n’importe qui d’autre ressent —, mais je considère que mon état de base est celui du bonheur et de la paix.

Alors, pourquoi ai-je cet état de base ? C’est peut-être en partie une question de chance : je suis née avec une chimie cérébrale qui joue en ma faveur. Je pense que ma mère a elle aussi cet état de base de bonheur ; cela peut donc être génétique ou lié à la façon dont elle m’a élevée.

(En revanche, j’ai eu un père dont l’état de base n’était pas le bonheur, et l’éducation qu’il m’a donnée m’a certainement laissé des traumatismes à surmonter…)

Mais je crois aussi que j’ai construit cela grâce à mes propres habitudes — mentales et autres —, qui m’ont aidée à maintenir cet état de base.

Je pense que ces habitudes peuvent aider n’importe qui, même si vous n’avez pas eu la chance d’avoir une bonne chimie cérébrale ou des parents aimants.

Jetons-y un coup d’œil.

Pour commencer, il faut préciser qu’elles ne guérissent pas tout, et qu’elles ne constituent pas non plus des solutions rapides ou faciles. Ce sont des habitudes mentales qui prennent du temps à se développer.

Voici les habitudes mentales que j’ai trouvées utiles :

Ralentir le rythme et savourer : C’est l’idée centrale de mon site Zen Habits — n’essayez pas de courir sans cesse tout au long de la journée pour passer rapidement à la tâche suivante. Au contraire, ralentissez le rythme et savourez les moments dès que vous y pensez. Chaque instant est un moment à savourer, il suffit de prendre conscience de cette réalité.

Se laisser fasciner : Nous sommes nombreux à nous lasser de la vie ou à ne plus apprécier les merveilles qu’elle offre. Et si, alors, nous réveillions notre curiosité pour des choses que nous remarquons à peine désormais ? Et si nous laissions la fascination nous guider, au lieu de simplement accomplir nos tâches en pilote automatique ?

Tout est une leçon : lorsque je me sens frustré par quelqu’un ou par moi-même, ou lorsque les choses ne se passent pas comme je le voudrais… j’ai appris à considérer ce à quoi je suis confronté comme une leçon de sagesse plus profonde.

J’essaie de faire une pause et de percevoir ce que cette personne — ou ce moment — a à m’enseigner. Mes leçons les plus profondes proviennent des combats les plus difficiles.

Valorisez le chemin parcouru, pas seulement le résultat : j’ai appris à apprécier chaque petit pas en avant que je fais. Que je progresse lentement dans un projet ou que mon parcours de remise en forme prenne beaucoup plus de temps que prévu… j’essaie de reconnaître les progrès déjà accomplis et de les célébrer.

Même s’il ne s’agit que de quelques pas. Cela signifie que je m’encourage tout au long du parcours et que l’atteinte de l’objectif final n’est qu’un moment de joie parmi tant d’autres.

Ressentez, mais ne ruminez pas : je crois qu’il est important de vivre toutes les émotions. Si je suis triste, je me permets de ressentir véritablement la douleur. Si je suis en colère, je me permets de laisser sortir ma colère (mais sans m’en prendre à quelqu’un d’autre). Je ressens tout cela.

Mais ensuite, je passe à autre chose. Ça ne sert à rien de ruminer les pensées qui provoquent ces sentiments.

Essayez de ne pas prendre les choses trop au sérieux ! : J’aime aborder la vie avec légèreté. J’essaie de rire de moi-même et de plaisanter un peu dans les situations les plus tendues (quand c’est de mise !). Cela rend la vie plus légère — et, par conséquent, plus amusante !

Pratiquez la gratitude et l’émerveillement : j’ai commencé ma quête du bonheur par un simple exercice de gratitude : je dressais simplement la liste de 10 choses pour lesquelles j’étais reconnaissant ce jour-là.

Souvent, c’étaient les mêmes choses (ma famille, ma santé, la nature), mais cette habitude m’amenait à rechercher, tout au long de la journée, des choses que je pouvais considérer comme banales, mais dont j’étais heureux de disposer dans ma vie.

Plus tard, j’ai élargi cette pratique pour observer les choses qui suscitaient en moi un sentiment d’émerveillement. C’est ainsi que l’on apprécie le miracle du quotidien.

Cette liste ne se veut pas exhaustive — il n’est d’ailleurs pas nécessaire de tout faire pour être heureux. Ce sont simplement des choses qui m’ont énormément aidée au fil des années.

Le plus difficile, bien sûr, c’est de prendre ces habitudes. Voici ce que je recommande :

Choisissez-en une et prenez la résolution de la mettre en pratique tous les jours. Programmez des rappels sur votre téléphone et placez des notes partout où vous vivez et travaillez.

Essayez d’identifier les moments où vous pouvez mettre en pratique cette habitude mentale. Ce sera difficile au début, mais vous commencerez à repérer ces occasions plus souvent.

Prenez l’habitude de faire un bref bilan de 5 minutes à la fin de chaque journée, en notant quand vous avez mis cette habitude en pratique et quand vous avez peut-être laissé passer une occasion. Cela vous aidera à progresser jour après jour.

Pratiquez chaque habitude mentale pendant au moins un mois. Il est probable que vous perdiez un peu le rythme au milieu du mois, mais essayez de reprendre votre engagement ; c’est là que se fait le véritable apprentissage.

Soyez patient. Cela prend du temps. Ce sont des habitudes mentales que j’ai développées au fil d’années de pratique. Mais elles en valent vraiment la peine.

Avec toute mon affection,

…Leo Babauta…


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