Ça arrive : parfois, une remarque de quelqu’un d’autre peut tout simplement gâcher votre journée, ou un message qui vous semble blessant peut vous plonger dans une spirale négative.
La blessure semble personnelle, et vous risquez de repasser cette offense en boucle dans votre tête. C’est une réaction tout à fait humaine.
Aujourd’hui, je vais partager avec vous des enseignements tirés de trois philosophies anciennes — le bouddhisme, le stoïcisme et la tradition toltèque — qui peuvent vous aider à ne pas prendre les choses trop à cœur.
En mettant cela en pratique, notre journée devient un peu plus paisible, et nous nous fermons moins en nous-mêmes.
Ce qui rend ces enseignements si puissants — et pas si faciles à mettre en œuvre —, c’est qu’ils exigent que nous abandonnions quelque chose d’important : l’idée que la façon dont les autres parlent de nous ou nous traitent a une incidence sur notre valeur en tant que personne.
Cette idée n’est pas un fait, mais un concept que nous supposons. Et y renoncer peut être libérateur.
Le deuxième accord
Don Miguel Ruiz, formé à la tradition spirituelle des Toltèques, a écrit un livre intitulé « Les quatre accords », dans lequel le deuxième accord est « Ne prenez rien personnellement ».
Il enseigne que rien de ce que font les autres n’est à cause de vous, mais à cause d’eux-mêmes — et de la réalité dans laquelle ils vivent, dans leur propre tête.
Prendre les choses personnellement trouve donc son origine dans ce qu’il appelle « l’importance personnelle » — l’hypothèse selon laquelle tout tourne autour de vous. Quelle étrange hypothèse nous faisons là !
Il ajoute que lorsque nous prenons quelque chose personnellement, nous prenons en fait les « déchets émotionnels » de quelqu’un d’autre et les faisons nôtres.
Si nous nous entraînons à ne pas prendre les choses personnellement, nous n’avons pas besoin de placer notre confiance dans ce que les autres font ou disent — mais plutôt de nous faire confiance pour faire des choix responsables.
Nous ne sommes responsables que de nos propres actions, pas de celles des autres. Cela nous donne la liberté d’avancer dans le monde sans être blessés par les opinions ou les jugements des autres.
Comment s’y prendre : cette pratique prend du temps, et il n’est pas facile de se débarrasser de cette vieille habitude, car lorsque nous y sommes pris, cela semble vraiment vrai. Avec le temps, cela semble moins vrai.
- Notez cet accord par écrit, affichez-le à un endroit visible. Prenez conscience des moments où vous prenez quelque chose personnellement, en remarquant quand vous vous sentez offensé.
- Tenez un journal à ce sujet, ne serait-ce que 5 minutes par jour, et notez ce que cela vous a fait ressentir. Ne vous concentrez pas sur ce que l’autre personne a dit ou fait.
- Utilisez un mantra pour vous le rappeler, comme « Cela ne me concerne pas » ou « Ils font de leur mieux ».
- Lorsque vous remarquez que vous vous énervez, faites une pause. Respirez. Rappelez-vous le mantra. Abordez ce qu’ils disent avec curiosité.
B Bouddhisme : il n’y a pas de « moi » à attaquerB
Dans le bouddhisme, l’un des principaux enseignements est que la façon dont nous nous percevons (comme distincts et immuables) est une illusion de l’esprit. C’est un sujet profond qui peut prendre toute une vie à étudier.
Mais l’application pratique peut être plus simple : Si quelqu’un vous critique, il ne vous critique pas vraiment… il critique l’idée erronée qu’il se fait de vous. Et il n’y a pas vraiment de « vous » à défendre !
Lorsque nous comprenons que les paroles et les actes d’une personne sont le reflet de toute son histoire et de son conditionnement, ainsi que du stress qu’elle subit à ce moment-là, nous pouvons aussi éprouver de la compassion à son égard lorsqu’elle se comporte de manière moins qu’idéale.
Nous pourrions passer de « Pourquoi me fais-tu cela ? » à « Quelle souffrance traverses-tu ? »
Et une fois que nous réalisons que cette importance que nous nous accordons habituellement n’est qu’une illusion créée par notre propre esprit… nous pouvons également voir que c’est à nous de décider si nous prenons quelque chose personnellement ou non. Cela nous donne un sentiment d’autonomie face aux paroles et aux actes d’autrui.
Les stoïciens :
Les stoïciens avaient beaucoup de choses utiles à dire sur ce sujet, mais aujourd’hui, je vais me concentrer sur l’un de mes préférés, Épictète.
Il conseillait de se demander : « Est-ce quelque chose qui est, ou n’est pas, sous mon contrôle ? » Les pensées, les sentiments, les paroles et les actes des autres ne sont pas sous notre contrôle. Il conseillait donc de réagir ainsi : « Alors cela ne me concerne pas. »
Se préoccuper de choses qui échappent à votre contrôle ne fera que vous rendre malheureux.
Épictète a également écrit que c’est à nous de décider si ce que disent les autres nous blesse ou non — si nous choisissons d’être blessés, alors nous le sommes.
« Ce n’est pas celui qui vous injurie ou vous frappe qui vous insulte, mais votre opinion selon laquelle ces choses sont insultantes ».
Comment mettre cela en pratique : Épictète, tout comme Don Miguel Ruiz et les bouddhistes, vous aide à reprendre pleinement le contrôle de la situation.
- Faites une pause avant de réagir — ne répondez pas impulsivement à l’impression que vous donne quelqu’un d’autre. Cela permet à la raison de reprendre le dessus avant que les émotions ne prennent le dessus.
- Si quelqu’un dit du mal de vous, au lieu de vous défendre, vous pouvez répondre : « Vous devez ignorer mes autres défauts, sinon vous ne parleriez pas uniquement de celui-là. » Cela permet à l’humour d’atténuer la douleur de la critique.
- Acceptez les retours : si quelqu’un dont vous appréciez l’opinion vous fait part de ses remarques, ne les ignorez pas, mais voyez ce que vous pouvez en tirer.
Avec amour,
…Leo Babauta…
Ce contenu ainsi que les informations et les opinions qui y sont exprimées sont ceux de leurs auteurs et ne reflètent pas nécessairement mon opinion. Tout commentaire négatif ou inapproprié sera systématiquement supprimé et l’auteur bloqué.
Poster un Commentaire
Vous devez vous connecter pour publier un commentaire.