SiriusB – Dans Sullen Chains

Dans l’aube grise et morne, ils avancent péniblement dans la boue, banquiers et comptables, âmes à louer. Robots aux yeux creux, aux visages tirés, se traînant dans l’ombre, privés de lumière….

Compteurs de haricots voûtés, l’âme brisée, exécuteurs des maîtres esclavagistes, voix étouffées. Les rues pleurent du pétrole, une tache rance, chaque pas un maillon d’une chaîne sans fin.

Leurs yeux sont des fosses, où les rêves se décomposent, des orbites de cendres, dans la pénombre du jour. Des cœurs de métal tintent, un battement sans joie, marchant comme un seul homme dans la rue désolée.

L’air est lourd, chargé de désespoir, un chœur de soupirs pollue l’air. Pas d’étincelle, pas de feu, juste des rouages dans une roue, qui broient leurs os pour le zèle des maîtres. Mais quand la nuit déploie son linceul de velours, je me détache du troupeau, sans courber l’échine.

Jusqu’au plus haut gratte-ciel, je grimpe avec grâce, les toits sont mon royaume, ma place légitime. Depuis ce trône élevé, le vent souffle fort, un homme libre maintenant, plus endormi. La ville s’étend, une étendue scintillante, le domaine d’un chasseur, j’entends l’appel.

Avec des yeux comme des lames, je perce l’obscurité, traquant ma proie, chaque marque éphémère. Ce n’est pas la chair que je cherche, mais les chaînes que je portais, pour traquer leur poids, et ne plus les lier.

La bête en moi hurle, sauvage et libre, une ombre déchaînée, une partie de moi. Dans la lueur froide de la lune, je revendique mon droit, un prédateur né de la nuit sans fin.

~ SiriusB


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